Comment lire votre bilan lipidique : je remplis le calculateur en direct

Vous avez téléchargé le calculateur de bilan lipidique, mais vous ne savez pas trop par où commencer ? Dans cette vidéo extraite d’un de mes ateliers, je le remplis en direct avec une vraie prise de sang — et j’explique chaque ratio au fur et à mesure.

Il y a quelques jours, j’ai publié une vidéo sur la lecture d’un bilan lipidique, accompagnée d’un calculateur gratuit pour vous aider à interpréter vos résultats au-delà du seul cholestérol total. Cette semaine, j’ai voulu aller plus loin : vous montrer concrètement comment remplir ce tableau, valeur par valeur, à partir d’une vraie prise de sang. Cette vidéo est directement extraite d’un de mes ateliers hebdomadaires, où j’ai expliqué le calculateur à l’une des femmes que j’accompagne — qui a accepté que je partage ce moment avec vous.

Pourquoi ce tuto sur le bilan lipidique

Le calculateur que j’ai mis en ligne permet de saisir l’ensemble des valeurs d’une prise de sang — cholestérol total, LDL, HDL, triglycérides, apolipoprotéines, marqueurs avancés — et d’obtenir automatiquement les ratios les plus pertinents pour évaluer un risque cardiovasculaire réel. L’objectif n’est jamais de poser un diagnostic, mais de vous donner une base concrète pour entamer un vrai dialogue avec votre médecin.

Dans cette vidéo, je remplis le tableau avec les résultats réels d’une femme que j’accompagne, et je commente chaque donnée au fur et à mesure de la saisie.

Ce que révèle un bilan lipidique correctement lu

Le cholestérol total seul ne suffit jamais

Dans l’exemple traité en vidéo, le cholestérol total est à 2,39 g/L — légèrement au-dessus du seuil standard de 2 g/L, ce qui déclenche une alerte. Mais une fois l’ensemble des ratios calculés — TG/HDL, Castelli, LDL/HDL, ApoB/ApoA1 — la quasi-totalité des indicateurs reste dans une zone optimale. Cette personne présente en réalité un profil cardiovasculaire globalement favorable, malgré ce premier chiffre alarmant pris isolément.

Les apolipoprotéines apportent une lecture plus fine

L’ApoB, légèrement au-dessus du seuil recommandé de 0,90 g/L dans cet exemple, vient nuancer le tableau sans le faire basculer dans une zone à risque. L’ApoA1, elle, est bien positionnée. C’est précisément ce type de nuance — invisible si l’on ne regarde que le cholestérol total — que les marqueurs avancés permettent de capter.

Les marqueurs peu connus, comme le TMAO

Pendant la vidéo, nous évoquons le TMAO — la triméthylamine N-oxyde — un métabolite produit par le microbiote intestinal à partir de la consommation de viande rouge, fortement associé au risque cardiovasculaire et pourtant quasiment jamais prescrit en routine. Ce marqueur illustre bien pourquoi un panel biologique complet, incluant des éléments encore peu connus de la médecine conventionnelle, peut changer la lecture d’un bilan.

L’apport du HOMA-IR et de la CRP ultra-sensible

Le calculateur permet également d’estimer la résistance à l’insuline via l’index HOMA-IR, à partir de la glycémie et de l’insuline à jeun. Dans l’exemple traité, le résultat se situe dans une zone de légère résistance — sans être préoccupant, ce chiffre invite à la vigilance et à l’action.

La CRP ultra-sensible, marqueur d’inflammation de bas grade, ressort également légèrement élevée dans cet exemple. Associée à une homocystéine en légère hausse, elle dessine un profil à surveiller, sans gravité, mais qui mérite d’être pris en compte dans une approche globale.

Le rôle des données anthropométriques

Au-delà des marqueurs sanguins, le calculateur intègre les données anthropométriques : tour de taille, tour de hanches et taille. Dans l’exemple de la vidéo, le rapport tour de taille sur tour de hanches ressort au-dessus du seuil optimal de 0,80, ce qui déclenche une alerte alors même qu’aucun autre critère du syndrome métabolique n’est présent.

C’est l’occasion de rappeler les critères du syndrome métabolique chez la femme : un tour de taille supérieur à 80 cm associé à au moins deux des facteurs suivants — une glycémie à jeun supérieure à 1 g/L, une tension artérielle supérieure à 13, des triglycérides supérieurs à 1,5 g/L, ou un HDL trop bas. Avoir un seul critère élevé, comme le tour de taille, ne suffit pas à caractériser un syndrome métabolique — c’est exactement ce type de nuance que le calculateur permet de visualiser clairement.

Une base de dialogue, pas un diagnostic

Ce tuto a été tourné en compagnie d’une femme médecin, qui a souligné un point essentiel : ce calculateur n’a pas vocation à remplacer un avis médical, mais à devenir une base de dialogue avec votre médecin. Beaucoup de femmes reçoivent leurs résultats sans jamais comprendre ce qu’ils signifient réellement, et délèguent entièrement l’interprétation de leur santé. S’intéresser à ses propres résultats, comprendre ce que chaque marqueur représente, permet d’arriver en consultation avec de vraies questions — précises, documentées, et utiles à l’échange avec le professionnel de santé.

Le problème du système de soin actuel, c’est que les gens sont tellement pris en charge qu’ils ne s’intéressent plus à leurs propres résultats. Comprendre son bilan, c’est la première étape pour reprendre la main sur le dialogue avec son médecin.

Téléchargez le calculateur et essayez-le vous-même

Si vous n’avez pas encore téléchargé l’outil utilisé dans cette vidéo, vous pouvez le récupérer gratuitement et le remplir avec vos propres résultats de prise de sang.

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Ludivine Courcelle — Kinésithérapeute, ostéopathe, diplômée en micronutrition, alimentation, prévention et santé. Spécialisée dans la santé des femmes après 40 ans. Fondatrice de l’accompagnement ALTA.